Savez-vous ce qu’est la "Déplétion" ?

dimanche 15 décembre 2013
par  EcoEnergieTech
popularité : 3%

Tous les spécialistes s’accordent à dire que la courbe de production de pétrole aura la forme d’une cloche (courbe de Gauss) : appelée courbe de Hubbert. Le pic de production est le sommet de cette courbe et qui correspond au moment où les capacités mondiales de production de pétrole atteignent leur maximum avant de décroître. Ce schéma est encore méconnu du grand public. Plusieurs spécialistes et organismes tentent de déterminer la date de ce pic car les points de vu divergent. Laherrère l’annonce en 2015, Total en 2025 et certains en 2040…Les critères de détermination de cette date reposent sur plusieurs paramètres difficiles à prendre en compte comme la cadence d’extraction, le volume de pétrole connu restant, les resserves non découvertes, l’avancée des améliorations technologiques utilisées pour l’extraction…
Pour réguler le prix du baril, les grand pays producteurs ont instaurés une organisation de contrôle l’OPEP qui fixe des quotas de production maximale pour chaque pays. L’OPEP qui est l’organisation des pays exportateurs de pétrole à été crée en 1960 et qui regroupe 11 des plus importants pays producteurs du monde.
Ces quotas sont détermines d’après la déclaration des réserves de pétrole de chaque pays. Il va sans dire que ces données sont inutilisables et erronées (les pays n’hésitent pas à les multiplier par deux pour produire et gagner plus) : 1/3 des ressources déclarées par l’OPEP n’existent pas. Il est donc difficile de prévoir avec certitude le pic de production…
Des données plus objectives existent mais restent confidentielles car il y a une crainte de la part des gouvernements. On remarque de façon très nette que les données politiques sont très différentes des données techniques. Des organismes indépendants se sont crées : les scouts, qui son engagés par des entreprise pour enquêter et ainsi définir la réelle quantité de pétrole des grands pays producteurs.
Les statistiques nous montrent que les découvertes mondiales de gisements ont atteint leur sommet en 1965. Depuis cette date, les quantités de pétrole découvert sont à la baisse et représentent désormais le tiers de la production. Les espoirs reposent donc sur le pétrole non conventionnel :

- Le pétrole conventionnel correspond aux gisements accessibles facilement c’est-à-dire exploités sous moins de 500 mètres.

- Le pétrole non conventionnel est plus difficile à exploiter mais qui permet d’étendre le volume des réserves disponibles. Il nécessite des innovations technologiques et un coût d’extraction plus élevé.
Par extrapolation, les réserves ultimes de pétrole conventionnel se situent autours de 2000 milliards de barils. Les réserves ultimes de pétrole correspondent à l’ensemble du pétrole récupérable, aussi bien celui qui a été déjà produit que celui qui reste à produire. Nous arrivons donc à la moitié du pétrole consommé, le pic de production est donc proche.
Deux points de vue nouveaux et antagonistes sont au devant de la scène à cause de ce pic, ceux des géologues et ceux des économistes.
Les économistes comptent sur des investissements et sur de nouvelles technologies capables de récupérer les réserves de pétrole non conventionnel avec une vision abstraite de la réalité. Tandis que les géologues, plus terre à terre ont une vision objective et pessimiste qui ne comptent pas sur d’immenses avancées technologiques et qui pensent que le pétrole va être délaissé petit à petit au profit du développement de d’autres sources d’énergies.
Si le risque pour les économistes est de minimiser le problème de la déplétion, les géologues ont tendance à l’amplifier de donc d’envisager une date trop proche pour le pic mondial.

Le phénomène de déplétion conduit donc à différents scénarios qui sont divisés en trois groupes. Le premier utilise le prix du pétrole comme régulateur entre offre et demande (situation actuelle), le second selon lequel les pays consommateurs font baisser significativement leur consommation de pétrole et le troisième qui pousse les pays importateurs à s’accaparer la production par la force.

Le phénomène de déplétion et ces différents scénarios qui en découlent ont conduits à trouver et à développer d’autres formes d’énergies


Source :
LA VIE APRES LE PETROLE
Jean-luc Wingert


Navigation

Articles de la rubrique