Ambiances Thermiques et Confort

mercredi 10 août 2016
par  EcoEnergieTech
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Définition de l’ambiance thermique


Ce sont principalement les conditions de température (et de rayonnement), d’humidité et de vent auxquelles les agents sont exposés.

Elles peuvent être :

- naturelles : l’agent travaille en extérieur,
- artificielles : l’agent exerce ses fonctions à l’intérieur de locaux.

L’ambiance thermique peut être ressentie comme chaude, neutre ou froide.

Ces facteurs, lorsqu’ils sont maitrisés, garantissent le confort des travailleurs.

Dans les conditions extrêmes, leur maîtrise joue un rôle important pour la santé et la sécurité des travailleurs.

On parle donc de ressenti pour une ambiance thermique. L’ambiance thermique est caractérisé par les paramètres physiques de température, rayonnement, humidité, vent


Le confort thermique et les facteurs de variation


Le corps humain réalise son évaluation de la situation thermique sur la base de sensations et d’informations d’origine nerveuse.

La sensation de confort thermique est ainsi le cumul de trois influences :

- Les critères d’ambiance précités
- Les missions exercées (activité physique, tenue vestimentaire, port imposé d’E.P.I., etc...)
- Les caractéristiques physiologiques de l’agent (âge, métabolisme, santé physique et psychologique, acclimatation)

Pour la plupart des gens, la plage de températures de confort se situe entre 19 et 27°C, avec une humidité comprise entre 35 et 60 %. Au-delà et en deçà débutent les sensations d’inconfort.

Les critères d’ambiance peuvent par ailleurs varier entre eux, tout en préservant la sensation de confort.

A titre d’exemple, le ressenti d’un agent sous une température de 28° C peut être moins bon qu’à 38°, si dans le premier cas les conditions d’humidité sont saturées et le vent nul.

Autre exemple, l’hiver et sous une température de quelques degrés, mais en présence d’un fort rayonnement solaire, la sensation de confort thermique peut être très facilement atteinte.

Sur un plan physique, le confort thermique correspond donc à une sensation d’équilibre entre le corps humain de chaque individu et les conditions d’ambiance. C’est donc une donnée subjective et non un critère rigoureux, puisqu’il peut être obtenu dans des situations très différentes.

On peut donc le définir simplement comme l’absence de sensation d’inconfort


L’adaptabilité des individus


Tant que l’organisme est capable de réagir et de s’adapter aux conditions de chaleur et d’humidité ambiantes, il n’en subit pas de conséquences néfastes. Au delà, peuvent apparaître des conséquences pour la santé.

L’adaptation du comportement de l’individu aux conditions d’ambiance tend donc à réduire l’inconfort, ce qui est aujourd’hui décrit par l’approche du « confort adaptatif ».

Le corps d’un individu va automatiquement chercher à rétablir l’équilibre par des réactions comportementales et physiologiques :

- La thermorégulation comportementale :
Le changement de posture et d’activité, de vêtement, de lieux et d’horaires de travail

- La thermorégulation physiologique :
Le corps humain réagit par des frissons, de la transpiration, une vasodilatation, vasoconstriction, etc.

A noter également, dans le cas de conditions climatiques persistantes, le phénomène d’acclimatation qui est le résultat d’un processus physiologique d’adaptation, permettant à une personne d’augmenter sa tolérance. Cette acclimatation n’intervient toutefois qu’après une semaine, pour les individus les plus réactifs.


L’ambiance chaude


  • Les sources de chaleur

Pour les interventions en extérieur, fréquentes dans les métiers de maçon et de couvreurs et quasi systématiques en voirie et espaces verts, le soleil est la principale source de chaleur.

Pour les travailleurs en milieux fermés, la non prise en compte dans les bâtiments du facteur solaire (manque d’isolation, effet de serre) et de l’humidité (absence de ventilation) sont générateurs de conditions de travail dégradées. Certains postes comme le travail en cuisine ou dans des serres sont aggravants.

Dans un cas comme dans l’autre, l’ambiance thermique peut s’avérer suffisamment dégradée pour mettre l’organisme en difficulté.

  • Les réactions physiologiques

Lorsque la température ambiante augmente, la température corporelle a tendance à augmenter et l’organisme réagit pour maintenir cette (température corporelle) température constante en augmentant le débit sanguin périphérique et les déperditions calorifiques par la sudation, accroissant ainsi le transfert de chaleur vers l’environnement.

Mais dans une ambiance extrême, le gain de chaleur dépasse les capacités d’élimination, entraînant une augmentation de la température corporelle et donc des risques graves pour la santé.

Ces risques sont d’autant plus graves que les individus exposés sont généralement incapables de reconnaître leurs propres symptômes de stress thermique. Une attention particulière doit donc être apportée aux travailleurs isolés.

  • Les risques de santé liés à l’exposition à la chaleur

Les conséquences sur la santé du travail en ambiance chaude varient d’une personne à l’autre.

En règle générale, les personnes plus âgées, obèses, sous traitements médicamenteux, sans oublier les consommateurs de boissons alcoolisées, sont plus à risque.

Un organisme humain en santé maintient une température corporelle constante d’environ 37°C et une fluctuation de cette température supérieure à 1°C est le signe d’un dépassement des mécanismes de thermorégulation (= stress thermique).

Le stress thermique peut être du soit à :

- la charge totale qui s’exerce sur l’organisme,
- production métabolique de chaleur à l’effort,
- l’apport de chaleur de sources externes
- l’isolement procuré par les vêtements.

Parmi les principaux risques figurent :

- La déshydratation : c’est une perte excessive d’eau, due souvent à une sudation importante et non compensée par la prise régulière de boisson.
- L’œdème de chaleur : c’est un gonflement par de l’eau des tissus, éventuellement associé à une apparition de minuscules points rouges à la surface de la peau accompagnés de picotements (éruption miliaire).
- Les crampes de chaleur
- L’épuisement
- La syncope
- Le coup de chaleur : c’est un des troubles les plus graves du à un travail prolongé en ambiance chaude. Le coup de chaleur se manifeste par une température corporelle souvent supérieure à 41°C et une perte de conscience partielle ou totale.

  • Le seuil de vigilance

La vigilance est impérative dès que la température atteint 30°.

  • Les mesures à adopter pour les conditions extrêmes durables

S’agissant de conditions spécifiques prolongées en ambiance chaude, une approche par l’évaluation des contraintes thermiques est possible.

Cette méthode ne s’applique toutefois pas aux contraintes de très courtes périodes ou à celles proches des zones de confort.

L’évaluation est basée sur l’indice WBGT, une moyenne de 3 températures :

- Température sèche DB (Dry Bulb)
- Température humide WB (Wet Bulb)
- Température globe noir G (Globe)


L’ambiance froide


  • Les sources de froid

Naturellement totalement à l’opposé au phénomène d’ambiance chaude, l’ambiance froide présente néanmoins de nombreuses similitudes dans son approche, avec naturellement ses conséquences propres sur la santé et la sécurité au travail :

- Il s’agit toujours de préserver l’ambiance thermique au travail.
- Les conséquences sont variables d’une personne à l’autre.
- Les personnes plus âgées et les consommateurs de boissons alcoolisées sont des catégories plus à risque que d’autres.
- La tolérance dépend du sexe de l’agent, de sa condition physique (fatigue, etc)

L’organisme humain doit toujours, par ses mécanismes de thermorégulation maintenir une température corporelle constante d’environ 37°C avec une fluctuation inférieure à 1°C.

On ne parlera toutefois plus de stress thermique ou d’hyperthermie, mais d’hypothermie.

Les sources de froid dépendent de la nature du travail des agents.

Pour les interventions en extérieur, fréquentes dans les métiers du bâtiment, à la voirie et aux espaces verts, les températures négatives, aggravées par la pluie, l’humidité et surtout le vent sont les facteurs de refroidissement.

Pour les travailleurs en milieux fermés, le manque d’isolation et de chauffage et l’absence de ventilation efficace sont générateurs de conditions de travail dégradées.

  • Les réactions physiologiques

L’exposition d’un agent à une ambiance froide se traduit principalement par un refroidissement plus ou moins rapide du corps, et en premier lieu des terminaisons que sont les pieds et les mains.

Afin de faire face à une diminution de la température, l’organisme met en place des mécanismes d’adaptation :

- La vasoconstriction des vaisseaux cutanés, pour diminuer les surfaces d’échange avec l’extérieur
- La diminution de la sudation jusqu’à son arrêt
- L’augmentation de la production de chaleur par travail musculaire et frissons thermiques

Mais dans une ambiance extrême, les pertes de chaleur ne peuvent être compensées par ces mécanismes, entraînant des risques pour la santé et en premier lieu celui d’accident en raison d’une perte de dextérité.

  • Les risques de santé liés à l’exposition au froid

Dans certaines conditions de travail en extérieur, il convient d’être très attentif à deux facteurs aggravants qui accélèrent le refroidissement du corps :

- L’humidité et la pluie qui augmentent la perte de chaleur du corps
- Le vent, qui génère un froid « ressenti » qui peut être très inférieur aux températures réelles mesurées + échanges par convection.

Dans le cadre de son travail, l’agent souffrant du froid voit ses risques d’accident augmenter par :

- Une diminution de la dextérité, de l’agilité (engourdissement, gelure)
- Un manque de mobilité et d’aisance par le port de vêtements inappropriés
- Une mauvaise visibilité et des risques de glissades en raison des conditions météorologiques

  • Le seuil de vigilance

Dès 16 °C, le salarié peut ressentir une forte sensation d’inconfort, notamment s’il est affecté à un poste à effort physique léger.

Une température inférieure à 14° n’est acceptable que pour des activités soutenues.

Il convient d’être particulièrement vigilant dès que la température ambiante (à l’abri du vent) est inférieure à 5°C.

  • Les risques de santé liés à l’exposition au froid

Les troubles latents

- La vasoconstriction liée au froid : apparition de douleurs importantes au niveau des extrémités des doigts des mains et des pieds ; elle a pour origine un trouble de la vasoconstriction des vaisseaux sanguins et peut entraîner un handicap fonctionnel réel pour le travailleur. Le phénomène peut être détecté par des extrémités devenues pâles et insensibles.
- L’urticaire : c’est une éruption cutanée qui se localise sur les mains et le visage lorsque le froid est à son origine. Elle s’accompagne d’une sensation de brûlure.
- Les troubles musculosquelettiques, ou TMS : contraction des muscles, la baisse de la dextérité, et des postures extrêmes, etc.
- Le risque cardio-vasculaire

Les troubles chroniques

- Troubles respiratoires
- Les troubles articulaires
- Les troubles digestifs

Les pathologies aiguës

- L’hypothermie
- Les gelures et engelures


Sources :
- www.cdg62.fr


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