Comprendre les coefficients de conversion de gaz (m3 / kWh)

vendredi 8 mai 2015
par  EcoEnergieTech
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A quoi servent les coefficients de conversion ?

Les fournisseurs de gaz facturent le gaz à leurs clients selon la quantité d’énergie (le nombre de kWh) consommée.

Or les compteurs de gaz installés chez les clients ne mesurent pas directement l’énergie mais seulement le volume de gaz (nombre de m3) qui a été livré.

Pour déterminer la quantité d’énergie consommée, il est donc nécessaire de transformer ce volume (en m3) en énergie (kWh) : c’est l’objet de ce qu’on appelle le coefficient de conversion en énergie.

Le coefficient de conversion représente donc la quantité d’énergie (exprimée en kWh) contenue dans 1 m3 de gaz.

Or, cette quantité n’est pas constante : elle varie dans le temps et selon le lieu.

Dans un souci de précision, le coefficient de conversion varie, afin de s’adapter aux caractéristiques de chaque client (topographiques, date de relevé du compteur gaz, etc) et permettre une facturation au plus juste, par le fournisseur.


De quels paramètres dépend le coefficient de conversion pour des particuliers ?

Dans la pratique, pour la clientèle résidentielle, la valeur du coefficient de conversion dépend de 2 paramètres : l’altitude et la composition du gaz.

  • Effet de l’altitude :

On sait que la pression atmosphérique diminue quand l’altitude augmente.

Sous l’effet de cette diminution, au fur et à mesure que l’on s’élève, le gaz devient moins dense (plus léger) : le même volume de gaz contient donc de moins en moins de matière, c-a-d de moins en moins d’énergie.


- si on emprisonne 1 m3 de gaz à 1 000 mètres d’altitude : on aura une quantité de matière (1), une certaine énergie ;
- si on emprisonne 1 m3 de gaz au niveau de la mer : on aura une quantité de matière (2), une certaine énergie ;

En (1) on aura emprisonné moins d’énergie, moins de matière (gaz moins dense)
En (2), le gaz étant plus dense, on va emprisonner plus de matière donc plus d’énergie (gaz très dense)

Dit autrement, le gaz est plus "léger" en hauteur qu’au niveau de la mer : le même gaz aura ainsi un coefficient de conversion plus faible d’environ 10 % à 1 000 mètres d’altitude qu’au niveau de la mer (il fournira moins d’énergie à 1 000 mètres car il est moins dense).

Il faut donc faire varier le coefficient de conversion, en fonction de l’altitude, pour prendre en compte la quantité d’énergie réelle contenue dans le volume de gaz. Plus l’altitude sera importante et plus le coefficient sera faible.

Ceci, dans un souci de précision. Le fournisseur d’énergie va donc faire varier le coefficient de conversion (adaptation aux caractéristiques topographiques de chaque client) afin de permettre une facturation au plus juste.

Le fournisseur va donc prendre en compte qu’il y a moins d’énergie dans 1 m3 à forte altitude (pression faible/densité faible), il adaptera le coefficient et il facturera précisément la quantité réelle consommé.

Il serait faux de facturer de façon identique le même m3 à 1 000 m et à 0 m (à 1 000 m, on payerait plus que ce qu’on récupère réellement en énergie).

  • Effet de la composition du gaz :

Cette composition varie de façon importante en fonction du type de gaz naturel distribué : le gaz B ou le gaz H.

- Le gaz B se distingue par sa teneur élevée en azote qui le rend plus "pauvre" (d’où son nom de gaz B pour "Bas pouvoir calorifique"). Il provient essentiellement des Pays Bas et il est distribué dans le nord de la France.

- Le gaz H (H pour "Haut pouvoir calorifique") est distribué sur le reste du territoire et provient principalement de la mer du Nord, de la Russie, de l’Algérie...

De plus, pour un même type de gaz, la composition n’est pas uniforme puisque le gaz naturel est issu de différents sites de production et qu’en fonction de son origine, il peut être plus ou moins "riche".

Le fournisseur va donc prendre en compte le type de gaz (haut/bas pouvoir calorifique), il adaptera le coefficient et il facturera précisément la quantité réelle consommé.


Pourquoi le coefficient de conversion varie t’il dans le temps ?

En un lieu donné, l’altitude est connue une fois pour toutes.

En revanche, l’origine du gaz distribué, et donc sa composition, varient en permanence. C’est ce qui explique les variations du coefficient de conversion dans le temps.

Cette composition du gaz est mesurée régulièrement en certains points du réseau haute pression, ce qui permet de déduire, chaque jour, un contenu énergétique moyen pour chacune des zones où le gaz est distribué.

Lorsque le gestionnaire de réseau de distribution relève un compteur, il mesure le volume de gaz qui à été consommé. Pour déterminer l’énergie correspondante, il applique à ce volume un coefficient de conversion calculé comme la moyenne des coefficients déterminés chaque jour depuis la date du relevé précédent jusqu’à la date de ce relevé.

C’est ce qui explique que le coefficient de conversion change à chaque relevé ou ne soit pas le même pour deux clients voisins.


Dans quelle fourchette le coefficient de conversion peut-il varier ?

La réglementation fixe des limites aux variations que peut prendre la composition du gaz naturel distribué selon son type.

Il est donc possible de déterminer la fourchette dans laquelle doit se situer le coefficient de conversion d’un particulier en fonction de l’altitude de la commune où se situe le site et du type de gaz naturel.

Clients alimentés à la pression de 25 mbar - Gaz B
- Moins de 200 m d’altitude : entre 9.2 et 10.1 kWh/m3
- Entre 200 et 400 mètres : entre 9.0 et 9.9 kWh/m3

Clients alimentés à la pression de 20 mbar - Gaz H
- Moins de 200 mètres d’altitude entre 10,3 et 12,4 kWh/m3
- Entre 200 et 400 mètres entre 10,1 et 12,1 kWh/m3
- Entre 400 et 600 mètres entre 9,9 et 11,8 kWh/m3
- Entre 600 et 800 mètres entre 9,6 et 11,5 kWh/m3
- Entre 800 et 1000 mètresentre 9,4 et 11,3 kWh/m3
- Au-delà de 1000 mètres entre 9,2 et 11,0 kWh/m3

On constate de façon générale que sur une zone donnée le coefficient de conversion varie au cours d’une année dans une fourchette de plus ou moins 3% autour de sa valeur moyenne.


Et si on a besoin d’estimer les coefficients de conversion ?

GrDF recommande d’utiliser la méthode qui suit.

Dès lors qu’un coefficient de conversion a déjà été déterminé pour un site donné et qu’il est disponible, il est conseillé de retenir le coefficient connu le plus récent pour toute estimation concernant ce site.

Par défaut, en l’absence de coefficient précédemment mis à disposition pour un site, on peut utiliser les valeurs suivantes pour des clients résidentiels :

- Clients alimentés à la pression de 20 mbar - Gaz H : 11,2 kWh/m3*
- Clients alimentés à la pression de 25 mbar - Gaz B : 10,0 kWh/m3*

(*à partir de données moyennes de PCS représentatifs du gaz naturel distribué sur les réseaux GrDF et en considérant que les sites sont au niveau de la mer)


Qu’en est-il pour la clientèle non résidentielle ?

Pour la clientèle résidentielle ou pour des petits usages professionnels, la pression de livraison est généralement égale à 20 mbar (25 mbar en gaz B).

Pour des chauffages collectifs ou des utilisations professionnelles plus importantes, on trouve couramment des pressions de livraison plus élevées qui augmentent la valeur du coefficient de conversion (augmentation de la densité, augmentation de la matière).

Ainsi, pour une pression de livraison de 300 mbar assez répandue pour de telles installations, les valeurs moyennes indiquées ci-dessus deviennent :

- Clients alimentés à la pression de 300 mbar - Gaz H : 14,5 kWh/m3
- Clients alimentés à la pression de 300 mbar - Gaz B : 13,0 kWh/m3


Pour connaître le coefficient de conversion de votre lieu d’habitation :

Entrez le code postale de votre commune



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